"Avant d'expliquer aux autres mon [écrit], j'attends que d'autres me l'expliquent. Vouloir l'explique'r d'abord, c'est en restreindre aussitôt le sens; car si nous savions ce que nous voulions dire, nous ne savons pas si nous ne disions que cela."
André Gide, Paludes
On dit souvent d'une personne qui sourit bêtement qu'elle est ce que l'on appelle un imbécile heureux
? Heureux d'être imbécile? Non, imbécile donc heureux.
Ce que j'aime beaucoup dans ce sujet, c'est que dans un sens il n’autorise aucune réponse positive, puisqu’il nous interroge
philosophiquement, donc nous oblige à penser. Nous sommes pris, pour ainsi dire, en embuscade. Pour débattre vraiment de cette question, il faudrait vraiment essayer, au moins une fois, de ne
pas penser ; de risquer vraiment, au moins une fois, la folie pure ou la bestialité ; et bien entendu, ce que nous produirions dans un tel état ne ressemblerait pas du tout à une copie de
philosophie. Plus abruptement, on ne peut pas du tout demander à la pensée de penser l’impensé. Dans un sens, le sujet présuppose toujours une pensée, et nous empêche de sortir de ce cadre,
alors justement qu’il nous demande si l’on doit en sortir. Dans ce sens, la question se résout elle-même, et dans ce sens, elle ne se pose pas du tout
Ouh, allez assez j'ai assez pensé à penser l'éventualité de ne pas penser.... pour être largement heureuse de penser que la philo, mine de rien, ça fait
penser.....
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